Biscuits, shampoing, packs de bière ou chemise en coton : depuis le 1er juillet, plus de 150 entreprises s'essayent à l'affichage environnemental pour encourager les achats "verts", au risque de plonger les consommateurs dans une jungle de pictogrammes. |
![]() "On est les premiers à faire un test grandeur nature de cet affichage environnemental en Europe" s'est félicité mercredi la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet devant un caddy d'échantillon de produits participant à l'expérimentation qui doit s'achever en juillet 2012. Après trois mois d'essai de cet affichage environnemental, qui doit informer sur les impacts des produits sur le climat, l'eau, les ressources naturelles non renouvelables et la biodiversité, le ministère lançait mercredi un "testing national" du public sur son site www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr. "On veut voir ce qui a le plus de sens, ce qui est le mieux produit et ce qui frappe le plus", a indiqué la ministre. Les entreprises seront également interrogées par voie de questionnaires. Un rapport complet d'évaluation devrait être remis début 2013 au parlement. Le choix des pictogrammes et des affichages, que ce soit sur les produits, en rayon, en magasin ou sur les sites internets des producteurs, revient à chaque participant à cette opération. La moitié des entreprises a choisi l'internet. On navigue ainsi entre des feuilles vertes marquées CO2, des gouttes d'eau ou des dessins de robinet selon les différents produits. Pour la boîte de petits pois Bonduelle, par exemple, l'impact de sa fabrication sur le climat (94 grammes d'équivalent CO2 pour 100 g) est affiché en rayon sous un carré jaune avec un nuage. shampoing et cannettes Pour connaître celle du shampoing Garnier Ultra Doux, il faut aller sur internet. "Dans un deuxième temps on le mettra sur l'emballage car pour l'instant on n'y indique que le pourcentage de biodégradabilité parce que cela parle le plus au consommateur", explique Jean-Florent Campion chargé du développement durable chez L'Oréal. Il rappelle "qu'un shampoing c'est 60g de C02 pour sa production alors qu'un Français moyen, lui en émet 20kg par jour." D'autres, comme le géant du bricolage et du jardin Leroy-Merlin, affichent des notes globales pour les impacts environnementaux de leurs produits. Les croquettes pour chien Exigence affichent un 6/10 pour l'impact sur le climat alors que le respect de la faune et la flore dans le processus de fabrication obtient 8/10. D'autres encore se sont regroupés pour informer plus généralement, comme le Syndicat national des boissons rafraichissante SNBR, qui précise sur son site que les bouteilles plastique de 1,5l sont plus respectueuses de l'environnement (35g CO2 pour 100ml) que les cannettes (42g). "Dans un premier temps on permet au consommateur de mieux choisir ce qui est plus protecteur de l'environnement et dans un deuxième temps on pense que le producteur va s'adapter et là il va y avoir une compétition positive entre les producteurs", a souligné la ministre. Actuellement l'expérimentation ne concerne que les produits français mais "la Commission européenne est très intéressée", selon elle. Le fait d'être pionnier en Europe va permettre aux producteurs français "d'orienter les critères de choix lors de la mise en place d'un dispositif européen", a-t-elle ajouté en notant que c'est mieux "que de se faire imposer ensuite une réglementation. © AFP |















