Santé. L'Institut de veille sanitaire enquête sur une épidémie d'hépatite A. Le 65 est le département le plus touché avec 16 cas.
Des vomissements violents, de fortes douleurs abdominales, un taux de transaminases « très, très élevé » faisant dire à ce biologiste ayant analysé quelques cas à Lourdes qu'au vu des résultats « certains étaient proches de la greffe du foie et qu'on les a donc dirigés en urgence vers l'hôpital » : l'épidémie d'hépatite A constatée dans 18 départements français, entre le 20 novembre et le 5 février derniers, a particulièrement touché les Hautes-Pyrénées puisque 16 des 55 cas recensés auront concerné notre département, et plus particulièrement le secteur de Lourdes, le plaçant ainsi en tête de liste devant le Lot (15 cas), deuxième foyer le plus important. Et une épidémie qui mobilise donc actuellement l'Institut national de veille sanitaire (InVS), lequel a publié le 1er mars un point d'actualité sur le sujet et poursuit son enquête avec ses partenaires ainsi que toutes les administrations concernées.
27 hospitalisations
Sur les 55 cas liés à cette épidémie, identifiés à cette date, soit 26 femmes et 29 hommes, âgés de 7 à 52 ans, 27 personnes ont en effet dû être hospitalisées, au plan national, mais l'évolution a été favorable pour tous les malades, relève l'InVS. « Et dans les Hautes-Pyrénées, il n'y a pas eu de nouveau cas depuis un mois » précise Philippe Marsais, directeur de cabinet du préfet avant de souligner qu'au plan départemental, conjointement à l'InVS et la DDASS, la Direction des Services Vétérinaires et la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes sont toujours en phase de « recherche active » afin de rechercher ce qu'ont consommé les 16 personnes contaminées par le virus de l'hépatite A dans les Hautes-Pyrénées.
Patients interrogés
« La période d'incubation étant assez longue, ils tentent de remonter un mois avant les premiers symptômes » explique encore Philippe Marsais. Et selon le site de l'InVS, pour l'heure « l'interrogatoire des patients sur leur consommation alimentaire au cours des 2 à 6 semaines précédant la maladie (durée d'incubation de l'hépatite A) a montré une fréquence inhabituellement élevée de consommation de tomates séchées. »
Sandwiches
Des tomates séchées qui « ont été consommées dans des sandwiches ou des salades achetées dans des sandwicheries » précise l'InVS qui poursuit :
« L'enquête de traçabilité a montré que ces tomates proviendraient d'un même lot de tomates importées surgelées de Turquie et distribué entre début octobre 2009 et fin janvier 2010. Si cette hypothèse se confirme, il n'existerait plus de risque actuellement, car ce lot n'est plus distribué. »
Toutefois, rappelle encore l'InVS, « d'autres cas d'hépatite A pourraient survenir en raison d'une transmission de personne à personne. » Un point très important, car « la prévention de l'hépatite A repose sur l'hygiène personnelle et collective, en particulier l'hygiène des mains » soulignent les autorités sanitaires, puisque la transmission de personne à personne est le principal mode de transmission, la transmission alimentaire, comme dans le cas présent, étant plus rare.



















